Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier

La dernière lettre reçue

Lettre du lundi 20 novembre 1916
Lyon, mardi 21 novembre 1916

Bien chère Alice, `
Le camion que j’ai cassé dimanche n’étant pas encore réparé, je n’ai rien fait, ni hier, ni aujourd’hui. Hier au soir j’ai soupé chez les cousines D. avec la cousine Berthier de retour de Marseille depuis huit jours. A ce sujet je te dirais qu’elle m’a fait une proposition de la part de son frère Desrayaud, marchand de chaussures (fabrique de la Verpillère). Ils ont acheté une propriété à Saint-Cyr et ils m’ont demandé pour en être le régisseur. Logement, produit de la ferme pour se nourrir et 1500 fr par an. M. Carra me conseille de refuser, que je peux trouver mieux. Qu’en penses-tu ?
Autre chose : les autos d’occasion sont hors de prix, en ce moment. J’ai parlé à un camarade de garage qui a un atelier chez lui à Lyon pour faire à la notre les réparations indispensables pour la vendre. M. Carra a vu vendre hier une auto d’occasion 15 000 fr qui avant la guerre n’aurait valu que 4 à 5000. C’est justement M. Desrayaud dont je te parlais qui l’a achetée. Qu’en penses-tu encore ?
J’ai vu Marie Berthier hier au soir aussi. J’y avais accompagné la cousine Berthier après souper. Je vais bien et je voudrais bien qu’il en fût de même pour tous à la maison.
Temps assez beau, brumeux. Affections bien sincères à tous. Je t’embrasse de tout cœur avec les petits.


Lucien


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