Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier

La dernière lettre reçue

Lettre du vendredi 7 décembre 1917
Lyon, jeudi 13 décembre 1917

Bien chère Alice,
Je n’ai rien reçu de toi aujourd’hui, ni lettre, ni dépêche. J’en ai conclu que le petit ne va pas plus mal. J’aurais aimé quand même deux mots sur une carte pour me tenir au courant. Je suis vite allé voir ce midi au garage si tu ne m’avais rien envoyé. Cette maladie du petit m’a bien inquiété. Je viens de demander un permission pour dimanche. On me l’a promise. Je te porterai des capsules de ricin. Tu me diras s’il te faut autre chose pour le petit. J’ai reçu aujourd’hui une jolie lettre de M.Bouveyron. Je te l’enverrai. Il y avait aussi une ordonnance contre les vers. Je vais vite porter cette lettre pour qu’elle parte ce soir.
Depuis dimanche, je dîne dans ma chambre à midi. Dommage que tu ne sois pas ici avec moi. Ça m’a bien désappointé de voir que tu ne pouvais pas venir, moi qui t’attendais avec tant de joie. Enfin c’est la guerre.
Soigne bien le petit et toi aussi. A dimanche le bonheur de vous embrasser tous. Ecris moi chaque jour un mot sur une carte.
Je t’embrasse bien fort.

Lucien


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