Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 26 février 1915
Pernes, samedi 27 février 1915

Bien chère Alice,

Je suis allé ce matin à Saint-Pol avec un autre camarade et l'infirmier Lugrin au cabinet dentiste militaire où un major spécialiste arrange les mâchoires plus ou moins abîmées par les Boches. En cinq secs, il nous a débarrassé très proprement de nos dents malades après avoir fait plusieurs piqures de cocaïne pour nous moins faire souffrir.

Ce tantôt, j'étais un peu assommé par cette cocaïne et je suis resté couché. Aussi je t'écris vite avant le départ du courrier d'ici qui part ce soir à 9 heures. Demain il y aura des lettres et je te répondrai si tu m'as écrit. Peut-être apprendrai-je enfin du nouveau. Nous sommes toujours au repos mais nous avons changé d'armée et nous allons probablement bientôt voyager. Mais il faut attendre les ordres.

J'ai vu ce matin un détachement de Boches qu'on emboitait à la maison d'arrêt. Les sales hommes, ils ont l'air de vrais sauvages.

Je finis vite. A demain. Mes meilleurs baisers à toi et à tous.


Lucien
Lettre du dimanche 28 février 1915


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