Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 18 février 1915
Framecourt, jeudi 18 février 1915


…/… massacre prenait une force et un degré de sincérité bien facile à comprendre et plus d'un officier pleurait. Ce devait être beau.
Malgré ce temps humide à l'excès, je me porte bien mieux qu'à Lyon. Je ne m'enrhume presque pas et c'est curieux, car tout suinte l'eau de partout. Je ne porte plus de cache-nez non plus ; j'ai perdu , je te l'avoue, mon joli que tu m'avais donné en revenant la première fois de Belgique. L'autre est trop gros, ça m’embarrasse. Je n'ai d'ailleurs jamais mal au gosier et je n'ai pas besoin de cache-nez. Quand tu seras bien guérie, tu m'enverras une paire de petits ciseaux coupant bien de la pointe pour les ongles et les cheveux ou la barbe. Ça me manque. Je pense que ce sera ton Papa qui m'écrira pendant que seras au lit et j'aurais au moins le plaisir d'avoir ses lettres.
Embrasse bien tout le monde à la maison pour moi et bon espoir.
Lucien
Lucien
Lettre du vendredi 19 février 1915


Nous contacter