Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 12 mars 1915
Sertier Lucien
Pernes, mardi 16 mars 1915

Bien chère Alice

Voilà deux courriers que je ne reçois rien. Je n’ai pas eu de tes nouvelles depuis le 6 mars et nous sommes le 16. Ta dernière lettre m’est venue le mercredi 10. Le courrier arrive comme à l’ordinaire pour les autres, il n’y a que moi qui ne reçois rien et je commence à en être très inquiet. Nous sommes partis de Pernes depuis samedi et nous ne savons pas encore quand nous y rentrerons. Heureusement il fait beau, le temps est couvert, très doux, et ma cuisine en plein air se fait sans difficultés. Nous couchons dans les camions au hasard de l’étape. On n’y a d’ailleurs pas froid. Par exemple, l’ennuyeux, c’est la poussière. Que va être l’été ? Quand 250 voitures passent ensemble, c’est un nuage de poussière qui enveloppe tout à nuit. Cette poussière donne absolument l’illusion du brouillard, mais c’est mauvais pour les yeux.

Je n’avais pas encore pu me rendre compte d’une manière aussi complète du bon état de nos troupes. Notre cavalerie est merveilleuse. Il faut voir ces chevaux gras et brillants, et ces cavaliers, tout ceci à neuf. Et l’infanterie, et tout le reste ! Rien ne manque. Je te répète ce que je t’ai déjà écrit, que le service postal continue comme à l’ordinaire. J’ai pensé que tu ne m’avais pas écrit pour ce motif, craignant que tes lettres restent en souffrance. En attendant de recevoir de tes chères nouvelles, ainsi que tous, de toute mon âme.

Lucien
Lettre du mercredi 17 mars 1915


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