Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 23 mars 1915
Estrée-Wamin, mardi 23 mars 1915
Maison Roussel Route d'Houvin
où nous avons fêté la bienheureuse dépêche
Remarque pendue au mur une herse à dents de bois


Bien chère Alice,

J'ai reçu tout à l'heure la lettre de ton Papa me disant combien tu avais souffert. Je n'ai pas pu partager vos angoisses car j'ai su l'issue favorable avant d'apprendre tes souffrances. Je ne serai rassuré pleinement que quand j'aurai reçu une lettre de ta main. En attendant je veux espérer que tout va bien comme me l'ont dit lettre et dépêche. Nous sommes pourtant mardi et toutes ces nouvelles sont de vendredi. Que c'est donc dur d'être si loin dans ces moments-là. Et il me faut attendre jeudi maintenant avant de rien recevoir.

Je remercie bien du fond du coeur tous ceux qui t'ont assisté dans ces pénibles moments, ton Papa et ta Maman à qui ces deux jours de martyre ont dû sembler bien longs, tes soeurs et la mienne qui a bien voulu quitter sa maison et ses petits enfants pour t'aider. - Je pense bien que ma Mère sera venue te voir puisque Marie l'en a avertie.- Ici rien de neuf ; je vais toujours bien. Temps humide et doux.- Guéris bien vite, et prends bien soin de mon petit bonhomme. Tous mes compliments à Mme Badard. Je t'embrasse affectueusement ainsi que tous à la maison en attendant d'autres nouvelles.


Lucien
Lettre du jeudi 25 mars 1915


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