Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 25 mars 1915
Estrée-Wamin, samedi 27 mars 1915


Bien chère Alice,

J’attends de tes nouvelles par le courrier d’aujourd’hui midi. J’espère qu’elles seront bonnes. Voilà une semaine que je n’ai rien su, la dernière lettre de ton papa étant de samedi dernier. Aussi, tu comprends mon impatience. Nous sommes toujours au repos en attendant du nouveau. On nous fait faire de l’exercice et des marches à pied pour nous occuper. Bien entendu, j’en suis exempt. Je me porte toujours de mieux en mieux. Il gèle fort le matin, ce qui n’empêche pas de pleuvoir dans la journée.

Je cuisine toujours dans un fournil où je suis assez bien. Par extraordinaire, les gens de cette ferme sont gentils. Le patron est à la guerre, ils comprennent mieux. En attendant de bonnes nouvelles, je t’embrasse, ainsi que tous à la maison, de toutes mes forces.

De gros baisers à ma Marcelle et à mon nouveau petit gros.

Bien à tous,

Lucien
Lettre du lundi 29 mars 1915


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