Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 20 avril 1915
Doullens, mardi 20 avril 1915
Ma très chère Alice,

Ainsi que ma lettre de ce matin te le disait, nous voilà encore en voyage. Cette nuit, nous couchons ici, mais nous remonterons dans le Pas de Calais demain. Toujours des transports de troupes. Jamais tu ne pourras te faire une idée de la poussière soulevée par plusieurs centaines d'autos lourdes passant à grande vitesse. Cette poussière est très pénible, la nuit c'est un vrai brouillard, car nous ne marchons plus que la nuit. Le jour on se repose. Doullens est une jolie petite ville proprette avec de jolis magasins. Je n'ai rien reçu au courrier d'aujourd'hui, aucune lettre ; je n'ai donc rien eu de toi depuis samedi où j'avais reçu ta lettre du 15. Je vais toujours bien et je voudrais bien qu'il en fut de même pour tous à la maison. Ma petite Marcelle est-elle toujours bien sage ? Le gros garçon a-t-il toujours bon appétit ? Il me tarde de l'entendre redire. Mes meilleurs baisers pour tous.

Bien affectueusement à toi,

Lucien
Lettre du jeudi 22 avril 1915


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