Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 13 octobre 1914
Chanteheux, dimanche 18 octobre 1914
Cher Lucien,

J'ai reçu avant-hier une carte de mes parents m'informant que le gouverneur de Lyon demandait des chauffeurs pour Lyon. Ici je n'ai pas pu faire ma demande. J'ai écrit en Portes (...) seulement comme tu es encore en civil, et que tu ne risques rien, si tu écrivais au gouverneur de Lyon pour l'informer :
1. Que j'ai mon certificat de capacité pour la conduite des camions n°2802
2. Que j'ai un camion en bon état qui malgré les formalités remplies n'a pas été réquisitionné.
Si, comme je m'en doute ça n'avance rien pour mon cas, je n'y perdrais rien non plus.
Si on ne prend pas le camion, ça sera la même chose et si on le prenait ça ne m'irait que mieux, car que je m'en aille ou non, pares la guerre il sera à vendre. Donc je te prierai de bien vouloir examiner cette question, voir au besoin mes parents en Portes et agir comme vous l'entendrez. Je sais bien que j'aimerais mieux être chauffeur que d'être ici, car j'aurais moins de misère et de mauvais temps à endurer, surtout les nuits qui ne sont pas chaudes. Mais tant qu'ils ne demanderont pas de chauffeur, dans nos compagnies, je n'espère pas grand-chose.
J'ai reçu cher Lucien l'autre jour ta grande lettre qui m'a fait grand plaisir et en en attendant d'autres, je t'envoie ainsi qu'à Alice,les deux petits et toute votre famille mes meilleurs amitiés.
Ton frère,
Emile
Lettre du mercredi 28 octobre 1914


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