Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 28 octobre 1914
Lyon, mardi 3 novembre 1914

Chère Alice

Je n’ai pas pu sortir aujourd’hui. Je ne saurais rien du petit avant jeudi. Si tu viens jeudi comme je le pense, va directement à la Charité voir le petit ; tu me rejoindras ensuite au quartier. Je ne serais libre qu’à cinq heures. Je ne sais encore rien pour mon départ. Nous ne sommes presque plus personne au quartier. Tout est parti déjà. Je me suis un peu enrhumé, ce qui me distrait heureusement, car ce n’est pas le travail que je fais qui y suffirait. Il pleut. Nous arrivons du tir au grand camp en tramway !!! Dans quels temps vivons-nous ! Hors du fromage (ça me manque) ne m’apporte rien à manger. On renonce.
Plusieurs milliers de gros baisers pour tous.


Lucien
Lettre du lundi 9 novembre 1914


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