Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 2 décembre 1914
Lyon, jeudi 3 décembre 1914
Jeudi matin


Chère Alice

Je t’écrirai peut-être encore ce soir, mais je t’envoie ces deux lignes pour te dire qu’il y a beaucoup de chances pour que je parte lundi matin. Le convoi part en deux équipes, lundi et mercredi. Or comme cuisinier, je compte faire partie du premier convoi. Il faudrait, dès que tu le pourras, m’amener la petite.

Il ne faudra guère compter se voir dimanche, car ce jour-là il faut préparer l’embarquement du fourbi dans les voitures. Mieux vaudrait que tu viennes avec la petite avant. Vous coucheriez toutes les deux chez les Cousines Desrayaud où j’irai vous voir à mes moments de liberté. Vous ne rentrerez que suivant les circonstances lundi dans la journée.

Je crois avoir tout ce qu’il me faut en effets. Apporte-moi du fromage et des plumes Sergent-major. Je suis allé voir Joséphine hier. Rien de nouveau. Je n’ai pas encore reçu tes lettres. On ne les donne que le soir à 4 heures.

Je termine en attendant de te voir bientôt, en t’embrassant de tout mon cœur. Mille baisers à la petite et un gros bonjour à tous.



Lucien
Lettre du lundi 7 décembre 1914


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