Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 2 décembre 1914
Lyon, jeudi 3 décembre 1914
7 heures du soir

Chère Alice



Je viens de recevoir ta lettre. Mille mercis. J’ai écrit ce soir à la Germain pour lui dire qu’elle pouvait payer ou à toi ou à M. C. à son choix. Bien entendu, si elle payait ses 142 francs à C., elle te verserait le reste de sa facture. Je l’ai assurée bien amicalement que je n’avais pas l’intention de lui faire le moindre ennui et je l’ai mise en garde contre les bruits malveillants que certaines gens faisaient courir sur notre compte en profitant de mon absence. Sois tranquille de ce côté-là. Germain est mobilisé. S’il ne veut pas payer ni C. ni nous ne lui pouvons rien. Pour les autres, laisser faire C., qu’il soit payé ou non par les clients que veux-tu que cela te fasse ? Tu es bien bonne de te faire du mauvais sang pour lui.
Je t’ai écrit ce tantôt te disant que je crains de partir lundi et de venir samedi avec la petite pour rester deux jours en attendant mon départ définitif. Vous trouverez bien à coucher la petite et toi.
Je finis vite pour mettre ta lettre et celle de M. Germain à la boite.
Un gros baiser pour tous, tous mes vœux de courage pour toi. Ne te laisse abattre pour rien du tout.

Ton mari qui t’aime bien




Lucien
Lettre du lundi 7 décembre 1914


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