Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 20 décembre 1914
Dijon, dimanche 20 décembre 1914
...à Dijon avec M. Maugis et les autres sous officiers. Je n'ai encore reçu qu'une lettre de toi, celle contenant la carte de M. Demas à qui j'ai répondu. J'aime pourtant à croire que tu vas mieux et que le froid que tu as eu n'auras pas eu de suite. Dis-moi toujours bien la vérité. Pourquoi ne voudrais-tu pas que je partage tes peines. J'ai répondu à ta lettre et je pense que tu l'auras reçue. Au reçu de cette carte tu ne m'écriras plus sans recevoir ma future adresse. Je vois que les lettres des camarades déjà partis en convois restent au rebut; on ne sait pas où ils sont.

Je vais toujours bien. On m'a fait hier au doigt une petite opération assez douloureuse, on a arraché avec des pinces toute la chair qui bordait ma coupure et qui s'était infectée, de manière à faire une plaie neuve. Aussi ce matin il n'y avait plus de pus et dans deux jours ce sera guéri. Tu vois d'ailleurs que ce n'est pas grave puisque je t'écris…
Lucien
Lettre du dimanche 20 décembre 1914


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