Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 19 décembre 1914
Dijon, dimanche 20 décembre 1914
Dimanche soir 1 heure
Très chère Alice,

Je viens de recevoir ta dernière lettre ainsi qu'une d'Antonia. Pour un dimanche c'est une bonne fortune. Surtout qu'ici, il pleut depuis hier soir, un vrai déluge. Aussi il n'est guère amusant de sortir en ville. J'ai écrit aux cousines Dessagaud, Allemand,à Mélanie B. à Pierre, à Antonia, à Emile, cela occupe bien mon dimanche. Tu me dis que tu vas un peu mieux j'en suis bien content et j'espère que bientôt tu seras plus forte. Pour le four tu es sur les lieux et avec ton Papa, vous jugerez mieux ce qu'il y a lieu de faire. Dans tous les cas, en cas d'accident d'ouvrier, l'assurance est payée jusqu'à juillet prochain. Au moment où je t'écris, un bruit circule que nous ne partirons mercredi que si notre convoi est pour Reims après Valentignay, notre officier ayant des préférences pour cette région. Il pourrait en résulter un retard de quelques jours, mais enfin tout ceci n'est peut-être qu'un canard.

Ecris moi quand même, je connais un employé du bureau, il me fera suivre mes lettres si je pars. J'ai écris quelques détails à Antonia. Si tu y vas tu lui demanderas à voir la lettre. Ne te fais pas de bile pour moi. Il est arrivé hier un convoi venant du front avec des voitures usées ; ils disaient qu'il n'y avait aucun danger pour nous. Les canons de 105 et 120 tiennent les Boches à bonne distance. Et puis on a fait en arrière de nos lignes des tranchées imprenables. Sois tranquille sur mon compte.


Mille gros baisers pour tous

Lucien
Lettre du dimanche 20 décembre 1914


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