Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 15 octobre 1916
Paris, lundi 16 octobre 1916


Chère Alice,
Je suis à Boulogne ce matin. On dit que nous partirons demain sur le Havre en attendant qu’il y ait des places à Lyon. Attendons encore. Je suis descendu de garde hier matin à 10 heures. L’après-midi, j’ai visité Paris avec Combes. Vu le Trocadéro, rue Rivoli, place Concorde, Louvres, Tour Saint Georges, Madeleine, Notre dame à la cité, le Panthéon et les Invalides. Nous avons visité intérieurement Notre dame, le Panthéon et les caveaux, les Invalides, remplis de drapeaux ennemis, canons, aéros et zeppelins boches dans la cour. Tombeau de Napoléon dans la chapelle, nombreux souvenirs de Napoléon à Saint Hélène, un moulage de sa face, son tombeau là bas, un corbillard, son cercueil, son drap mortuaire, etc.. Vu aussi la chambre des députés, les ministères des travaux publics, de la guerre, etc.. En dehors des Invalides, rien ne m’a fait grande impression. Notre dame même si elle était en province serait inconnue. Quelle différence avec celles d’Amiens et de Beauvais ! La renommée de Paris est très surfaite, en fait de beauté de la ville. La Seine couverte de bateaux avec ses eaux sales, ses iles, ses ponts vulgaires, ses quais encore .. sans alignement est dépourvue de toute beauté. J’ai aussi vu l’hôtel de ville, l’emplacement des Tuileries, la colonne de juillet. Tout cela ne m’empêche pas de penser à tous à la maison. Je suis très enrhumé. Temps froid et beau.
Je t’embrasse bien fort, ainsi que tous.
Lucien
Lettre du mardi 17 octobre 1916


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