Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 20 octobre 1916
Lyon, jeudi 26 octobre 1916
Jeudi 26 octobre 1916

Chère Alice,

Je pense que tu as reçu mes deux précédentes lettres. Je m’attends à recevoir d’un jour à l’autre le certificat agricole pour demander ma permission. On m’a dit qu’ici on était avare de permission. Pourtant j’ai vu ce matin un copain qui avait eu huit jours pour ses vendanges. Enfin, je vais toujours demander. Hier après-midi, je suis allé au grand camp mener des planches. Je suis rentré remiser mon camion ensuite à 4 heures. J’ai fait le plein puis je suis allé chercher ma musette et ma couverture que j’avais laissées samedi chez un boulanger aux écoles de Montplaisir. Il pleuvait à verse. Je suis allé ensuite coucher et souper chez les cousines D. Elles m’ont dit d’y aller tant que je ne serai pas installé. Ce matin, je suis allé transporter des cuirs verts à Vaise. On m’a donné vingt sous dans une usine. De là j’ai mené un voyage de peaux à Oullins où je suis encore. J’ai très bien diné pour 30 sous à côté. On doit me rembourser cette somme à l’usine ce soir. Mes 2 francs 70 seront de reste ! Cet après midi, j’ai deux voyages à faire à la gare d’Oullins qui n’est pas loin. Je ne comprends rien à ce service, je ne vois que des civils ! Je pense que tout va bien à la maison. Je t’embrasse bien fort, ainsi que tous à la maison.


Je ne suis présent rue Vendôme qu’un moment le matin à 6h1/2 et le soir à 4 ou 5 heures.
Lucien
Lettre du mercredi 1er novembre 1916


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