Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 1er novembre 1916
Lyon, jeudi 16 novembre 1916
Bien chère Alice,

Je te fais ces deux mots en attendant d’aller reprendre mon travail en face de la gare de l’Est. Il fait un froid de voleur. Ce matin, je suis allé à Vénissieux, il ne faisait pas chaud. Brrr ! J’ai reçu hier ta lettre du 14. Merci ! J’arrive le soir au garage après le départ des lettres. C’est pourquoi celles que je t’envoie n’arrivent que l surlendemain.
Je fais toujours ma popote à midi et le soir je soupe chez les cousines. Je rapporte ma soupe pour le matin. Je n’ai qu’à la réchauffer avant de partir.
Reçu aussi hier une lettre de ma mère. Emile n’est pas encore venu. Mon père et ma mère viendront de près à Lyon. Je tâcherai de les voir. Le paquet que Mme Carra m’avait envoyé au front m’est revenu hier en bon état. J’avais reçu celui de ma sœur. Tout arrive. Si je peux, demain, je t’enverrai un paquet par Tangeat. Hier j’ai touché mon prêt des 5 jours soit 13fr90. Je n’avais pas dépensé autant dans ces cinq jours.
Je suis allé chercher mon paquet chez Dendez hier au soir. Merci bien de tout. Pour mercredi prochain, si je ne m’en vais pas, tu me mettras une couverture. Je te dirai bien d’ici là s’il me faut encore quelque chose.
Le paquet de Mme Carra avait toute sorte de bonnes choses, ce sera pour ma petite Marcelle et Joseph, mais seulement s’ils sont bien sages. Avis !
Tu me diras bien si les semailles avancent.
Toutes mes affections à tous. Je t’embrasse bien fort, ainsi que les enfants.
Ne m’envoie pas de fromage, j’en ai assez pour le moment.
Lucien
Lettre du lundi 20 novembre 1916


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