Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 16 novembre 1916
Lyon, lundi 20 novembre 1916

Bien chère Alice,
Je viens de voir qu’on répare ici les souliers gratis. S’il est encore temps, n’envoie pas les miens chez Vachez, fais les moi passer par Faure. Je vais te raconter mon voyage de ce matin. D’abord, j’ai commencé par trouver un individu couché entre F Vernay et Troyet. Cent mètres plus loin j’en ai trouvé trois autres couchés en travers de la route. Ils m’ont dit qu’ils se reposaient. Je ne me suis pas arrêté, comme tu penses bien. La pluie a commencé par intervalles au pont de Troyet et a duré jusqu’après Saint-Priest. Ma capote m’a bien protégé. Je suis arrivé au tram des écoles à 6h-1/4, ce qui m’a fait 3h ¼ de marche depuis Valencin. Je suis allé me changer dans ma chambre et je suis allé au garage ensuite. Je n’avais rien à faire ce matin. Je suis retourné à ma chambre et je me suis couché jusqu’à midi. J’ai fait ensuite un bisteack et me voilà à nouveau au garage. Il est probable que je n’y ferai encore rien cet après-midi. Mon voyage ne m’a pas fatigué et je suis aussi dispo qu’hier.
En passant en Portes, j’ai dit bonjour. Emile n’est pas encore venu. Il va entrer aux autos.
Je ne suis pas allé rue Clos-Suiphon ce matin, j’irai ce soir.
J’ai été bien content hier de voir que tu allais mieux et je ne regrette pas mon voyage. Joséphine m’avait dit que tu n’allais pas bien d’après la mémé et ça m’inquiétait. J’espère que ces boutons du petit ne seront rien du tout.
Mes affections et mes remerciements bien sincères à tous à la maison et au revoir. Je t’embrasse bien fort avec les enfants.

Lucien
Lettre du mardi 21 novembre 1916


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