Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 14 janvier 1917
Saint-Fons, vendredi 19 janvier 1917


Bien chère Alice,

J’ai bien reçu tout à l’heure ta lettre d’hier. Tu vois, j’ai au moins des nouvelles fraîches. Aujourd’hui, je n’ai pas roulé. Ce matin, j’ai nettoyé mon camion et cet après-midi, j’écris.
J’ai fait une lettre à Velle, une carte à Cahuzac, et la tienne.
Je vois M. Gambs tous les jours. Je crois t’avoir dit que je l’ai vu dans le tram mardi soir. Il a voulu payer ma place en première à côté de lui et nous avons pu causer un peu. C’est lui qui n’a pas voulu que Cassan m’emmenât à la mouche. Chassagnon, le frère de l’évêque qui y est allé. M. Gambs m’a dit qu’il ne voulait pas tout changer du jour au lendemain mais que j’entrerai de près à son bureau. Aujourd’hui, Miot m’a dit qu’il m’avait demandé (lui Miot) à M Gambs pour être avec lui au bureau. M Gambs lui a répondu que ce serait bientôt.
J’aurais mieux aimé dans un sens être avec Cassan mais M Gambs est un homme très énergique qui sait très bien ce qu’il veut et il est difficile d’aller contre ses décisions.
Rien ne me prouve d’ailleurs que je sois mal avec lui. J’espère bien le contraire. Il fait d’ailleurs une bonne impression au garage.
Je t »ai écrit ce que je pensais de Denvel. 18 sous pour recevoir son colis et en envoyer un autre. C’est un peu exagéré.
Combien Paturel prend-il ?
A la barrière de fer, c’est quatre sous pour retirer un paquet, maintenant.
Si nous venons à la Guillotière, et si je suis au bureau, j’irai moi-même les chercher à l’arrivée des voituriers. En attendant envoie moins que possible.
Je crois t’avoir déjà dit que M. Gambs va amener le garage dans ma rue, à côté de la sucrerie brûlée dont tu te souviens.
C’est moi qui vais être prêt. C’est M. Carra qui a trouvé ce terrain.
Ma sœur a apporté beaucoup d’affaires aux cousines, du pain, lait, œufs, volaille, pommes etc. et à moi du saucisson et 2 fromages. Tu m’enverras, mais rien ne presse, le couvre képi que tu m’avais fait.
La petite s’enrhume très facilement. Au premier rhume, fais venir M. Quantin tout de suite pour qu’il la voit au moment du rhume.
En attendant, essaye ce que je t’ai dit, tiens lui bien les pieds au chaud et toujours très secs. Il vaut mieux lui acheter des bas que de la pharmacie, tu verras.
Le temps me dure beaucoup des enfants. Je m’étais déjà habitué pendant ma permission. Ça me manque maintenant.
Tout va bien chez les cousines. Informe toi de l’heure des trams, je crois qu’ils ont changé aujourd’hui.
Au revoir, bien chère Alice, je t’embrasse de tout cœur ainsi que les enfants et tes chers parents et sœurs.



J’ai trouvé encore un paquet de tabac
Lucien
Lettre du dimanche 28 janvier 1917


Nous contacter