Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 28 janvier 1917
Saint-Fons, mercredi 7 février 1917

Bien chère Alice,

Je suis allé ce matin chez Dendel porter deux bidons mais Faure n’est pas venu. Le temps est vraiment trop mauvais. Je me demande comment je vais pouvoir emporter mes cylindres si le temps ne change pas. Je pensais les emporter samedi ou dimanche. Tricotelle a dû trouver du travail à l’auto. Si le temps était meilleur je me serais en allé une nuit, mais c’est impossible. J’ai cassé une pièce de mon camion dans le pont arrière. Je suis donc en panne et cela portera plusieurs jours avant que je sois réparé. Je vais donc rester au garage à Lyon en attendant et je m’occuperai un peu de mes affaires. J’irai voir vendredi si Fangeat est venu et je lui porterai mes bidons dans ce cas.
Si Tricotelle s’en va mardi, il faudrait qu’il vienne souper à Lyon chez M. Carra lundi soir.
On a décidé cela hier chez mes cousines. Si mon camion n’avait pas été cassé, je me serais en allé lundi (dimanche soir) et je serais revenu avec lui. Quelle guigne. Enfin, tout s’arrangera bien quand même. Je me suis dérhumé. Je voudrais bien que tu m’envoies un mot pour me donner de tes nouvelles et celles de tous.
Avez-vous beaucoup de neige ? Ici, il y en a assez épais. Les trams marchent avec peine.
Je vais vite porter cette lettre à la boite, espérant que tu la recevras demain jeudi. Mes amitiés à tous et à Tricotelle.
Je t’embrasse bien fort avec les enfants.
Lucien
Lettre du jeudi 15 février 1917


Nous contacter