Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 18 mars 1917
Sertier Lucien
Oullins, mardi 20 mars 1917
Bien chère Alice,

J’ai bien reçu ta lettre hier et je pense que tu as reçu la mienne. Je travaille (hier et aujourd’hui) à la tannerie d’Oullins. Je suis aux pièces, plus je fais de voyages et plus je charge, plus je gagne. Hier, avec mon convoyeur, nous nous sommes fait 58 francs ce qui fait 29 francs chacun. Je pense qu’aujourd’hui nous arriverons à en faire autant, bien que ce matin ça n’ait pas bien marché.
Dimanche soir, M. Néant m’a mené au théâtre, cours Gambetta. C’était une pièce militaire. J’y ai ri à m’en faire malade. M. Carra est revenu hier de Ville avec sa femme. Sa mère a eu une hémorragie. Ça va mieux encore une fois.
Ma cousine D. m’a dit qu’il fallait pour vendredi du beurre et des œufs.Je pense m’en aller jeudi soir à moins d’événements impossibles à prévoir. Ma bicyclette va très bien. Reviendras-tu avec moi ? Ou préfères-tu venir au tram du midi le lendemain ? Tu décideras. Ça me ferait plaisir que tu viennes encore une semaine pour finir le nettoyage et les réparations. Tu me remercieras la petite Marcelle de sa gentille lettre. Titi est-il un peu sage ?
Mes amitiés à tous à la maison. Je t’embrasse bien fort avec les enfants.

Je ne tarderai pas à aller à Feyzin, mon camion est en cours de réparation
Lucien
Lettre du jeudi 22 mars 1917


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