Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 20 février 1917
Sertier Lucien
Lyon, lundi 5 mars 1917
Bien chère Alice,
Je viens de dîner dans ma chambre et je t’envoie ces quelques lignes avant de partir au garage. C’est la paie, aujourd’hui, à Feyzin et j’ai envie d’y aller cet après midi. Il y a justement le camion de Gaillard qui part pour Feyzin. Hier matin je n’ai pas eu de chance, j’ai crevé en descendant en Portes. Tricotelle m’a rattrapé pendant que j’essayais de réparer. Je n’ai pas pu y arriver et je suis parti à Lyon à pied. Je suis arrivé à midi. Tricotelle est reparti à une heure. Il a vite dîné et est parti à midi et demi. J’ai dîné ensuite avec toute la maison. Je suis allé au garage vers les deux heures. On ne s’étais pas aperçu de mon absence et je suis revenu pour porter mon matelas qui sera prêt ppur demain midi.
Rien de nouveau en Portes. Marie m’a donné une fricassée pour les cousines. On l’a mangée hier au soir. Ce soir à 8 heures il y a un sermon sur la guerre à l’église du Saint Sacrement. Je vais y aller, je pense que mes cousines y viendront aussi. On n’a pas encore commencé la réparation de mon camion. Ça me fait marronner parce que ça arrête les bonnes journées. En revanche, je me repose bien. Clarisse B est repartie à Marseille avec son mari. Quels coureurs !
Mon rhume ne va pas trop mal ni moi non plus ! J’espère que le semblant de gel d’hier vous aura tous un peu dérhumés aussi.
Ma mère est tombée dans les escaliers de la cave et ne pouvait guère marcher. Je pense qu’il n’y aura rien de grave. Mon père est toujours à peu près.
En attendant de se revoir, je t’embrasse de tout mon cœur, chère Alice, ainsi que tous à la maison.

J’enverrai du pulmonaire par Faure ou par Fangeat.


Lucien
Note
Date incertaine...
Lettre du mardi 6 mars 1917


Nous contacter