Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 13 mars 1917
Sertier Lucien
Lyon, dimanche 18 mars 1917

Bien chère Alice
Je ne trouve que cette feuille toute froissée pour t ‘écrire. On voit que Titi a passé dans mon sous-main !
Aujourd’hui je ne travaille pas et il fait un temps superbe. Quel malheur que tu ne sois pas ici ! Je vais aller à Saint-Fons chercher mon vélo. J’ai fait toute la semaine à l’hôtel de ville. Ça a été très dur, surtout hier. On m’a donné 7 francs, hier.
Le sergent m’a demandé pour revenir mais ça ne dépend pas de moi. Ce matin j’ai fait grasse matinée. Je suis allé ensuite à la messe de onze heures après avoir fait ma toilette et celle de la chambre. J’ai dîné chez les cousines. Il y avait un grand dîner ne l’honneur de M. N et d’un de ses amis qu’il a rencontré par hasard à Lyon. Menu : pâté froid, quenelles aux truffes, pigeons ramiers, salade, oranges, dattes, œufs à la neige etc…Vin du Rhin. Épatant !
Pendant le dîner on a reçu une dépêche de Velle disant que Mme Carra mère était très mal. Reçu également pendant le dîner ta lettre aux cousines. Très bien, ta lettre.
J’ai reçu une lettre de Tricotelle hier. Il est à Paris et me demande de lui trouver un permutant.
Je vais très bien. Le temps me dure beaucoup, surtout de Titi. Il me semble que je vais toujours le voir me venir au devant dans le corridor. Mais en rentrant je ne trouve que les murs froids et le berceau vide. Qu’il est triste !
Hier au soir j’étais de garde et je ne suis rentré qu’à dix heures du soir et j’avais travaillé jusqu’à sept heures du soir à la mairie. Si je n’avais été si fatigué, je me serais en allé. Je m’en irai jeudi soir si rien ne dérange. J’emporterai les graines en m’en allant à moins que je ne les remette à Faure.
Toutes mes amitiés à tous à la maison. Comment va ton papa ?
Embrasse bien pour moi ma petite Marcelle et Titi et reçois, chère Alice, mes meilleurs baisers.

Lucien
Lettre du mardi 20 mars 1917


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