Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 26 mars 1917
Sertier Lucien
Lyon, dimanche 1er avril 1917
Dimanche matin 10 h
Bien chère Alice,
Mes cousines n’y étant pas, je ne vais dîner nulle part aujourd’hui et ce soir je sortirai avec les camarades pour mon dernier dimanche. Hier Mlle Gignoux nous a menés au musée des Tissus à la Bourse. C’est un musée unique au monde et je t’y mènerai quelque jour. On y voit des étoffes venant des temps les plus reculés. Quelques une sont 6000 ans d’existence et sont remarquables par la beauté de leurs coloris qui ont résisté au temps. Le musée comprend 400 000 échantillons divers de toutes les étoffes, dentelles, broderies de tous les âges et de toutes les parties de la terre. Il y a des tapis, des habits merveilleux, je t’en reparlerai. Après nous sommes allés à Saint Nizier visiter la crypte souterraine remarquable par les mosaïques et les ossements des premiers martyrs. Ces ossements (plusieurs mètres cubes) sont empilés symétriquement. Les crânes sont par dessus. A l’un d’eux, on voit des cheveux. Cette crypte de Saint Nizier est une grotte où le premier prêtre venu en Gaule, Saint Pothin a dit la première messe dite à Lyon et en France. Le premier autel en pierre brute est dans cette crypte.
J’espère recevoir de tes nouvelles aujourd’hui. Voici enfin la semaine qui me verra libre pour quelques jours. Je me sens bien maintenant, et si je me suis fait attendre, je pourrai me mettre au travail en arrivant.
Bonne santé à tous ! Embrasse bien les enfants pour moi et à bientôt,

Lucien
Note
Date incertaine
Lettre du mardi 3 avril 1917


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