Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 18 mai 1917
Sertier Lucien
Lyon, lundi 21 mai 1917
Lundi matin 10h
Tu reconnaitras à mon écriture que je me sers de ma main droite. Je vais toujours de mieux en mieux et mon bras droit fait de plus en plus de mouvement. Je me débarbouille le visage de la main droite ce qui demande déjà une grande liberté d’action du bras. Du côté de la bouche, je mâche de mieux en mieux, mais les dents de devant commencent à bouger et à me faire mal, je es crois perdues. L’état général est meilleur aussi de jour en jour. Je n’ai pas vu de médecin depuis samedi. Samedi dernier en te quittant, je suis allé dîner chez les cousines D. où je suis resté jusqu’à 4 heures. Je suis resté ensuite à l’hôpital et j’ai écrit à mon frère. Je lui ai envoyé dix francs que les cousines m’avaient donné pour lui remettre. Tu sais que Mme Carra est toujours absente et que c’est la secrétaire de la maison. Je l’ai remplacée pour cette occasion.
Hier je ne suis pas sorti. J’ai eu la visite de J. et Rose, elles m’ont apporté une bouteille de bière, une de limonade et un pâté pour tous.
J’espère que tu as fait un bon retour avec les enfants. Le temps me dure toujours bien de vous tous dans cette prison. Je pense aller bientôt en convalescence et je crois que je pourrais encore mieux travailler que je ne l’aurais cru tout d’abord.
Ce matin il est venu ici des officiers et des médecins suisses pour visiter les blessés boches qui seront rapatriés.
Tu me tiendras bien au courant des travaux de la maison. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé à la maison et en attendant le plaisir de bientôt vous revoir, je t’embrasse bien fort ainsi


Tu m’enverras mon rasoir et ses accessoires, vendredi. Je porterai tes chapeaux à la voiture mercredi (et les tondeuses)
Lucien
Note
Date incertaine
Lettre du mardi 5 juin 1917


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