Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 21 mai 1917
Sertier Lucien
Lyon, mardi 5 juin 1917
Bien chère Alice,
Je viens de recevoir ta bonne lettre qui m’a fait un grand plaisir. Aujourd’hui je suis allée à mon garage à dix heures, puis chercher les tondeuses qui n’étaient pas encore prêtes. Je me suis fâché et on m’a promis qu’elles seraient prêtes pour lundi prochain. J’y retournerai. J’ai dîné chez les cousines D. puis comme c’était mardi, leur jour, je suis allé voir les cousines Berthier chez Marie Perrin. Il y avait la sœur Perrin, la religieuse de la Charité. Je suis aussi allé voir mes cylindres qui ne sont pas faits. Ce que voyant, je leur ai dit de ne pas les faire. Tricotelle me les fera à bien meilleur compte. Je viens de rentrer. Demain, à moins d’imprévu, je porterai les chapeaux à Faure. Le temps me dure toujours de plus en plus et j’attends avec impatience le moment d’aller en convalescence. J’ai reçu une lettre de ma mère hier au soir, elle s’est croisée avec la tienne.
Mon épaule va toujours de mieux en mieux et il est bien certain que je ne resterai pas estropié. La mâchoire va très bien aussi, sauf les dents devant qui me paraissent bien compromises.
Donne moi bien des nouvelles de tous dans tes lettres et dis moi bien où vous en êtes des travaux.
Pour vendredi, tu me mettras aux cousines comme elles l’ont dit. Elles m’ont dit aujourd’hui de leur faire mettre des fromages blancs et des demi-secs.
Rien autre à te dire. Mme Carra n’est pas encore rentrée.
Mes amitiés à tous. Je t’embrasse bien fort avec les enfants.

J’oubliais de te dire aussi que je suis allé chez Mme Bouton qui m’a fait bon accueil. Je te redirai cela.
Lucien
Lettre du vendredi 8 juin 1917


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