Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 9 juin 1917
Sertier Lucien
Lyon, mercredi 13 juin 1917


Bien chère Alice,

Hier au soir, le major est passé dans les chambres. Après m’avoir examiné, il m’a fait inscrire pour 45 jours de convalescence. Je ne sortirai que l’autre vendredi, soit le 22. Il ne me trouve pas encore assez fort pour partir de suite. Ça me fait bien un peu marronner d’attendre si longtemps, mais il y aura cependant un avantage, car j’y serai à peu près en état de travailler comme à l’ordinaire. Bien entendu, il faut que je passe comme je t’ai dit à l’Exposition où je resterai deux ou trois jours. Je ne sais pas si je reviendrai à l’hôpital où si je rejoindrai le parc d’autos. Enfin, on verra bien. Je ne suis pas ressorti en ville depuis toi. C’est assez difficile maintenant. Je vais toujours mieux. Tout à l’heure, je vais aller chez le dentiste. Les fanages ne doivent pas trop avancer avec ces pluies continuelles. Ne vous dépêchez pas trop, qu’il m’en reste un peu !
J’espère que les remèdes feront bon effet au papa et que je le reverrai entièrement guéri.
Je suis en train de faire le sac qui te faisait tant envie. Je m’y suis mis après en voyant que j’avais encore à rester ici quelques jours.
Toutes mes affections bien sincères à tous.
Je t’embrasse bien fort avec les enfants.


La belle-mère et la femme du camarade que tu avais vu lundi sont parties sans l’emmener et sans lui dire adieu. Ça faisait pitié hier de le voir attendre à la porte bien en vain. Tous les chameaux ne sont pas au Parc !
Lucien
Lettre du vendredi 15 juin 1917


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