Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 13 juin 1917
Sertier Lucien
Lyon, vendredi 15 juin 1917
Bien chère Alice,
J’ai reçu à 11 heures ta petite lettre qui m’a fait bien plaisir. Je suis bien content de t’avoir un peu avec moi et je souhaite que le temps te permette d’amener le petit. J’avais oublié en effet de te dire la commande des cousines, mais elles ont dit qu’elles prendront ce que tu enverras. A propos, demande bien à Jaillet le prix de six saucissons frais de porc de une livre environ. C’est pour Cleyet, tu me le diras dimanche.
J’irai t’attendre dimanche aux deux trains : midi et soir. Si tu viens au train de midi, je n’irai pas à celui du soir !!!! Te voilà avertie.
J’ai acheté hier une paire de binocle ou un lorgnon, comme tu voudras. Coût : 5 frs. J’ai parait-il l’air d’un notaire.
Si tu avais besoin de me téléphoner, tu pourrais le faire au garage n°44-89. A l’appareil, tu demandes M. Sertier et tu attends un moment si je n’étais pas au bureau. En principe il vaut mieux le faire le matin à 8 heures et le soir à 2 heures mais enfin toute la journée en cas de nécessité. Je ne vois rien de nouveau à te dire. Mon travail au bureau n’a pas changé. Il gèle toujours un peu le matin, mais le jour c’est très supportable.
Je t’envoie quelques outils que Cousine Hérard m’a donnés. J’oubliais de te dire que dimanche j’irai te chercher aux Ecoles à Montplaisir sauf empêchement. En ce cas, tu ne m’attendrais pas et tu viendrais jusqu’à la place du pont où je te trouverais. Mais enfin je pense bien être aux Ecoles à l’heure, surtout au train de la nuit. Tu finiras le képi à Lyon si tu n’as pas le temps de le faire à Valencin. Mes meilleures affections à tous à la maison.
Je t’embrasse bien fort avec les enfants.

Lucien
Note
Date incertaine
Lettre du vendredi 22 juin 1917


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