Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 15 juin 1917
Sertier Lucien
Lyon, vendredi 22 juin 1917

Bien chère Alice,
Je t’envoie ces deux mots pour te remercier de ta lettre d’hier. Je suis sorti cet après –midi. L’Hôpital était consigné par rapport aux grèves. J’ai pu passer quand même. J’ai apporté mon rasoir et mes fromages. Je crois qu’il sera difficile de sortir dorénavant tant que ces grèves dureront.
Si tu venais me voir lundi, tu pourrais remporter les tondeuses. Je ferai mon possible pour sortir avec toi. Gaillard est venu me voir pendant que j’étais chez les cousines et m’a laissé la lettre que je t’envoie.
Je suis vraiment peiné de l’accident qui est arrivé au papa. Il n’a vraiment pas plus de chance avec les chevaux que moi avec les vélos. J’espère bien qu’il n’y aura là rien de grave et qu’il pourra bientôt reprendre les travaux comme avant.
Je vais mieux aujourd’hui que ces jours. Je deviens fort, ma promenade de cet après midi ne m’a pas fatigué. Je pense qu’on s’occupera bientôt de ma convalescence. C’est ce que je souhaite le plus. Je crois que je pourrai d’ici huit jours travailler comme avant mon accident.
Les cousines ont été bien contentes de tes provisions. On te renverra le panier mercredi par Faure.
Au revoir chère Alice, embrasse bien mes petits chéris pour moi. Mes affections les plus sincères pour tes chers parents et sœurs.

Je t’attendrai pour lundi matin. Viens me voir en arrivant. Le temps me dure, me dure …

Lucien
Note
Date incertaine
Lettre du mardi 26 juin 1917


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