Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 18 septembre 1917
Lyon, jeudi 20 septembre 1917

Bien chère Alice,

J’ai trouvé ta lettre hier dans le paquet des cousines. Merci beaucoup. Tu as oublié de me dire comment tu t’étais rendue lundi soir. Je suis toujours dans mon poste. Hier j’étais libre le matin à 9h1/2 et le soir à 4h. Ce matin je suis venu à 6 heures puis à 7 heures je mange un bout dans les terrains vagues du Fort-Lamothe (Boulevard des Hirondelles) pendant que des élèves s’exercent avec leurs gradés sur les camions. Le plus fort c’est que nous ne faisons pas même le plein et le graissage de nos autos. Chauqe matin nous prenons au parc une nouvelle voiture. C’est trop beau, ça ne durera pas !! J’ai reçu les certificats, j’étudie la question. Je verrais Rassié, trop occupé en ce moment, car il y a de nombreuses recrues maintenant. Tu trouveras un peu de pain sec chez Faure pour les poules. J’en ramasse un peu chaque jour. Je l’enverrai mercredi prochain.
M Carra est arrivé hier soir à 8 heures. Il venait directement de Montpellier dans la même journée (350 km d’auto !)
Si je reste dans cette place, je serais libre dimanche toute la journée. Mais si … !
J’ai écrit en Portes hier. Tricotelle a écrit chez les cousines hier. Lui enverrait-on un paquet de fromage ou un billet de 5 francs ? Tu me le diras dans ta prochaine lettre. Il est à Dunkerque en ce moment. Bien des choses à tes parents et tes sœurs. Je t’embrasse de tout cœur avec les enfants.

Si tu viens avec les enfants, sauf empêchement, viens samedi à midi, mais je n’irais pas à l’avance.
Lucien
Lettre du jeudi 4 octobre 1917


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