Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 4 octobre 1917
Feyzin, mardi 9 octobre 1917

Bien chère Alice,

Reçuu ta lettre et celle de la petite. Merci beaucoup. Je suis allé voir mes cylindres, ils ne sont pas encore prêts. Il faut que j’y aille vendredi pour faire le démontage des soupapes et des joints. C’est un travail de deux heures. Je m’en irai donc jeudi soir et je repartirai vendredi à midi. Je voudrai que ce fut fait quand Tricotelle viendra. J’aurais bien mieux aimé que tu viennes coucher à Lyon jeudi soir pour te rentourner vendredi. J’ai des réparations à faire que je ne peux pas t’emporter. Mais je vois bien qu’il n’y faut pas compter, surtout si tu es toujours enrhumée. Hier dimanche nous avons été libres un peu plus tôt. Je suis arrivé dans ma chambre à 5h, je me suis rasé, et j’ai balayé, après je suis allé souper. Il y avait la poule, on l’a fait bouillir. Elle était superbe comme qualité et on en a fait de grands compliments. Le beurre est excellent, cette fois, et bien préparé, bien lavé. Compliments à la fermière en chef. Je porterai la pharmacie demain chez Dendel. Ne m’envoie rien par Faure. J’aime mieux par Fangeat.
Mille amitiés bien sincères à tous, à bientôt le plaisir de vous revoir avec les rhumes en moins. Je vais bien, je t’embrasse bien fort avec les enfants.

Au dos de cette carte décorée : Tu ne m’en voudras pas de guère t’écrire, ici c’est du vrai surmenage. J’ai fait aujourd’hui trois voyages de ciment de Lyon ici soit 300 sacs. Je vais encore repartir sur Saint Fons maintenant. Je me suis fait aujourd’hui 40 sous d’étrennes. Ça a payé mon dîner. Je pense avoir une bonne quinzaine. On me marque une heure de plus par jour et la prime. On verra bien.
Je reviens sur cette affaire de vendredi. Il faudrait bien que je reste à Lyon pour mon matelas, les montres etc.. enfin ça attendra.

Lucien
Lettre du mercredi 10 octobre 1917


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