Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 23 octobre 1917
Balan, vendredi 26 octobre 1917
La Valbonne
Bien chère Alice,
Rien eu de toi aujourd’hui. J’espère que tu ne te plaindras pas que je ne t’écrive pas assez. Chaque jour doit t’apporter une lettre ou carte. Hier soir je suis allé au foyer du soldat où on trouve le café à deux sous et chaque soir cinéma. C’est tellement plein et avec ça une foule de légionnaires étrangers. Coloniaux, chasseurs d’Afrique que ce n’est pas agréable d’y rester.
Le séjour à la Valbonne manque vraiment de charme. Les officiers français n’ont guère de considération pour nous et nous engu.. pour un rien. Je me suis déjà promis de n’y pas manger .. de sel.
Le plus aimable est le commandant américain major Drum qui commande le camp et qui nous occupe surtout à laver et entretenir son auto. Il nous a donné hier 5 francs à partager entre Bonneton et moi. J’ai assisté hier et aujourd’hui à des expériences de fusées incendiaires tellement chaudes qu’elles fondent le fer. C’est pour déteriorer les canons abandonnés à l’ennemi et incendier les abris évacués etc. Vu également d’autres fusées explosives incendiaires d’un effet formidable et fantastique. Bonneton va me demander demain une permission pour la Toussaint. Je te tiendrai au courant. Le train part de La Valbonne à 6 heures et arrive à Lyon à 7heures. Pour le retour, il repart de Lyon à 5h du matin pour arriver à La Valbonne à 6h. En ayant 24 heures ça me ferait deux nuits à passer à Lyon mais non à Valencin. Je ne pourrais y aller que le même jour entre les trams du matin et du soir. On verra bien.
Donne moi toujours des nouvelles des enfants. Tu me diras aussi ce que t’a dit M. Quantin.
En attendant le bonheur de tous vous embrasser, j’envoie à tous à la maison mes meilleures pensées.

Lucien
Lettre du mardi 27 novembre 1917


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