Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 30 novembre 1917
Feyzin, dimanche 2 décembre 1917

Bien chère Alice,

Je t’écris en attendant que l’on décharge mon camion, car nous travaillons cet après-midi. Les Chinois et les Boches ne travaillent pas aujourd’hui. Je n’ai plus que trois jours à faire dans ce service. Je ne le regretterai pas. Hier au soir, je suis arrivé pour souper à 8h et le matin il faut arriver à Feyzin à 6h. Les Chinois ne travaillent qu’à contre cœur. C’est la plus sale clique qui existe. Quels bandits ! Il y en a 900 ici et 400 Boches.
Pourras-tu venir pour le 8 décembre ? C’est entendu avec les cousines. Je te garderai quelques jours, j’ai beaucoup à coudre, les effets neufs pour les boutons, et puis nettoyer tous mes effets à l’essence.
Je n’ai guère le temps de m’en occuper. Le petit couchera dans ma caisse à clairevoie. Ça fera un lit épatant. Je suppose que chez vous, ils ne verront pas d’inconvénient à ce que je les débarasse pendant quelques jours de deux emplâtres ! C’est de toi et du petit dont je parle ! J’ai reçu ta dernière lettre hier au soir. Il fait beau cet après midi. J’aurais eu du plaisir à m’en aller.
En attendant le bonheur de te revoir, je t’embrasse bien fort chère Alice, ainsi que tous à la maison.

Lucien
Lettre du lundi 3 décembre 1917


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