Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 2 décembre 1917
Feyzin, lundi 3 décembre 1917

Bien chère Alice,

J’espère que ton papa aura fait bon retour et que vous ne l’aurez pas grondé pour avoir prolongé sa « permission ». J’ai été bien content de mon voyage. M.B. est très aimable comme toujours. Il m’a donné un remède pour toi. Je te l’indiquerai. Pour mercredi, j’ai dit à ton papa que je viendrai à midi si je peux. Vas toujours chez les cousines en attendant tu y trouveras mes clés. Tu allumeras le réchaud à pétrole. C’est plus facile. Le lampion vient comme un tiroir. J’irai chercher le paquet de Fangeat ce soir. Je ne trouve pas pratique ton idée de paillasse. Où vais-je trouver de la paille ? Le matelas de crin eut été plus commode. Enfin, comme tu voudras. N’oublie pas des linges pour se décrasser. Un seau aussi et un arrosoir. Une bonnette et mon passe montagne. Tu auras toutes mes chaussettes à laver. J’ai pris les dernières propres hier. Tu vois que je te trouve de l’occupation ! (C’est pour que tu ne t’ennuies pas).
J’irai chercher le fourbi chez Dendel le soir, si tu veux faire le lit en attendant. Tu prendras les draps propres dans ma malle et tu rendras les sales à Mme Carra. Les deux bidons ont de l’essence. Tu trouveras de l’eau dans le broc et dans le pot à eau.
Je me fais un plaisir d’avance de t’avoir quelques jours. Le temps va bien me durer un peu de ma fillette. Tu l’embrasseras bien pour moi.
Toutes mes affections bien sincères à tous. Je t’embrasse de tout cœur.

Lucien
Note
Date incertaine
Lettre du vendredi 7 décembre 1917


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