Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 24 décembre 1917
Lyon, mardi 25 décembre 1917

Bien chère Alice

J’ai trouvé ce matin, chez les C. ta lettre du paquet. Je te remercie bien de m’avoir donné un peu des nouvelles de tous. Tu as dû bien m’attendre, ces jours. J’aurais bien voulu aller passer les fêtes avec vous tous mais ça n’a pu réussir. On est venu à mon secours de Valence avec deux voitures. Nous avons mis des cables et des chaînes aux roues et nous sommes partis de Saint-Vallier à 1h. Nous avons mis deux heures pour faire cinq kilomètres et de guerre lasse, nous avons laissé le camion dans un hangar que nous avons réquisitionné.
L’une des voitures qui était restée avec moi m’a ensuite mené à Tain pour prendre le train sur Lyon qui passe à 3h50. Ce train de malheur n’est passé qu’à dix heures du soir ! Et je suis arrivé à Perrache à deux heures du matin et je me suis couché enfin à trois heures. Ce matin, je suis allé à 10h1/2 me faire porter rentrant au garage. Ce voyage m’a éreinté et aujourd’hui je suis resté couché tout l’après-midi. La neige tombe toujours. Je t’écris de chez les cousines en attendant le souper. Elles ont mangé le canard dimanche. Il était excellent, paraît-il. Je vais en juger dans un moment car il y en a encore. A midi, nous avons mangé une superbe dinde que M. Néant leur avait envoyé. A propos, il ne faudra rien pour les cousines pour cette semaine.
Je ferai tout mon possible pour m’en aller dimanche ou pour le jour de l’an sans pouvoir encore rien dire de sûr à ce sujet.
Faure ne viendra pas demain, avec ce temps. J’irai voir jeudi s’il est venu. Chez les cousines, tout va bien. Moi je suis un peu « aquigé » ( ??) mais ça ira mieux demain, il faut l’espérer.
Embrasse bien tout le monde pour moi. J’aurais bien voulu profiter des bonnes choses que le cousin Perrin a apportées mais contre la nécessité… Je l’en remercie aussi.
De bons baisers aux enfants et pour toi.

Adresse : Lucien Sertier
TM 1140
32 quai Perrache
Lyon

Lucien
Lettre du vendredi 28 décembre 1917


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