Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 28 décembre 1917
Sertier Lucien
Lyon, mercredi 2 janvier 1918

Bien chère Alice,

Le temps a rudement semblé long, hier soir pour arriver à la gare. D’Heyrieux à la gare, ça me semblait interminable et je croyais m’être trompé de chemin. Je suis arrivé huit minutes avant l’heure du train. Celui-ci avait seulement un quart d’heure de retard. Tu n’avais pas pu me faire suer, mais la route s’en est chargée. J’étais trempé comme une soupe. Je suis monté dans un compartiment bondé comme le reste du train. Le chauffage me brûlait les pieds, ça m’a séché doucement et ce matin ça va bien mieux. Ça s’est tourné en maux de ventre pas graves, d’ailleurs. Ce matin je suis à l’hôpital Desgenettes avec mon camion, ce n’est pas pénible.
J’étais chez les cousines hier soir à 8h. J’ai mangé une bonne soupe et je me suis couché de suite. J’ai mis toutes les lettres à Lyon avant la levée de la boite hier. La plupart a dû arriver ce matin. Tu remercieras tes chers parents pour l’embarras que je leur ai donné. Je ne veux plus m’en aller puisque je suis malade chaque fois. C’est une guigne. Je viens de rencontrer à Lyon Gauthier mon aide cuisinier du front, celui de Beaujeu. Au revoir bien chère Alice, je vous embrasse tous.

Lucien
Lettre du jeudi 3 janvier 1918


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