Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 25 janvier 1918
Lyon, samedi 26 janvier 1918
Bien chère Alice,

J’ai fait bon voyage hier soir. Je suis arrivé à 10h1/4. Ce matin j’ai roulé avec un autre camion. Je n’ai pu voir M. Gambs ni Cassan hier encore. A midi, après avoir diné au garage, je suis passé chez les cousines, très bien reçu. On mange le canard demain soir samedi chez M. Carra avec M. et Mme Gambs. A ce sujet, un nouveau : tous les engagés retournent au front de près, sauf ceux qui sont auxiliaires ou inaptes. C’est M. Gambs qui l’a dit chez M. Carra et qui a dit de me débrouiller pour passer auxiliaire. On va traiter cette question demain soir, je pense.
Ton manteau me va très bien. Je l’ai pris ce matin sur ma veste en cuir sans capote va bien, les manches, la longueur, l’évasement. Il est très commode et déjà sale ! Mais je le dégraisse aussitôt à l’essence ça ne se voit guère. Les cousines avaient épousseté et nettoyé ma chambre. Envoie moi la lettre de Nivollet, que j’ai oubliée.
Titi doit s’en payer, aujourd’hui, il fait un temps magnifique. Tu remercieras bien tes parents pour tout l’embarras que je leur ai donné. Je ne leur ai guère aidé pendant les deux semaines mais je me rattraperai cet été, je l’espère.
Je t’enverrai dès que je saurai du nouveau. Je t’embrasse très fort, ainsi que tous. On a le cafard !!
Lucien
Lettre du lundi 28 janvier 1918


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