Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 28 janvier 1918
Vaise, vendredi 1er février 1918
Jeudi soir 1h
Bien chère Alice,

J’ai reçu hier le paquet de Faure et ta lettre. Merci bien. Je pense que tu as reçu la mienne dans le panier de linge sale. Je te disais que Dentel a pris 6 sous pour retirer mon paquet et 12 sous pour … le panier. C’est la bonne des C. qui a payé. N’envoie plus rien par Faure et fais attention de ne plus faire poser un sou de dépense chez Dendel, c’est un voleur. Les C. pour éviter les frais ne veulent plus recevoir leurs provisions qu’une fois par quinzaine. Nous en recauserons. N’envoie pas le pain sans nouvel avis. J’en ai assez pour moi. M. Gambs m’a dit l’autre jour qu’il me ferait entrer au bureau mais avec lui et non à la Mouche avec Cassan. Pour l’auxiliaire, je crois qu’il faut attendre la visite que nous passerons fin février. Je mange au garage matin et soir, c’est un peu meilleur. Hier tantôt j’étais au repos j’en ai profité pour laver le fameux manteau. J’ai porté à ma sœur le reste de ma teinture d’iode. Si j’avais su qu’elle venait, j’en aurais acheté davantage pour remplir le flacon. Pour la petite, chausse la bien chaudement ; tu verras que ça ira mieux tout de suite. Ma sœur m’a apporté du saucisson et des fromages. Ce tantôt, à la gare de Vaise où je suis, un boche a tenté de s’évader, le gardien l’a tué d’une balle. Embrasse bien les enfants pour moi. Bien affectueusement.

Lucien
Note
Date erronée. Lettre marquée jeudi.
Lettre du mardi 5 février 1918


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