Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 26 janvier 1918
Lyon, lundi 28 janvier 1918
Dimanche matin 11h (sans doute 28 janvier 2018)

Bien chère Alice,

Reçu hier soir un rasoir. Merci beaucoup. Grand souper chez M. Carra avec tous les invités que tu sais. M. Gambs m’a demandé ce que je voulais comme place. Je dois te dire que Cassan hier matin m’a dit qu’il me faisait entrer au bureau et me donnait le choix entre deux places : ou rester avec Nicot et M. Gambs à Perrache ou bien aller avec lui Cassan au garage de la Mouche où il va comme chef de parc. Après avoir consulter mes cousines, je vais aller sur leur avis avec Cassan. Il vaut mieux être amis de loin que de près. Je crois qu’elles ont raison. M. Gambs m’a dit aussi qu’il m’aiderait pour passer auxiliaire. Le canard était excellent, bien cuit à point. Il a recueilli toutes les approbations. Menu : consommé sauce haricots Soissons canard, carottes rouges en salade, pommes fromage pain vin blanc, champagne. Thé. Tout ce que je viens de souligner venait de Valencin
J’espère que Titi s’est consolé de mon départ. La poupée est-elle encore en vie ? Y a t-il encore du bois découpé ? Je me suis fait 6 frs 50 d’étrennes, hier. Je vais bien. Suis bien ton régime pour voir la fin de tes maux d’estomac. C’est surtout par la régularité des repas que tu y parviendras. Il faut vouloir ! Envoie moi l’adresse de Velle pour que je lui écrive. J’ai écrit hier en Portes. Aujourd’hui je ne travaille pas, j’ai repos. Au revoir bien chère Alice, mes amitiés à tous, je t’embrasse bien fort avec les enfants. Les cousines envoient le bonjour à tous,
Lucien
Note
(nb : mots soulignés : canard, carottes rouges, pommes, fromage, pain)
Lettre du vendredi 1er février 1918


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