Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du vendredi 8 février 1918
Lyon, dimanche 10 février 1918


Bien chère Alice,

Tu as dû recevoir mes deux lettres hier soir par Jeannot. De mon côté, j’ai reçu la tienne dans le paquet des cousines. Merci de tout ce que tu nous as envoyé. La fricassée était magnifique et a fait les délices de M. et Mme Carra. Aussi m’a-t-on chargé de remercier bien fort la mémé. Nous avons mangé le rôti aujourd’hui, il était excellent. Je crois que tu voulais envoyer tout le cochon. Paye la différence ou bien remplace là par de la boucherie de la maison.
4h du soir. J’ai été interrompu par l’arrivée de Tricotelle qui est venu me trouver au bureau. J’ai eu en même temps la petite lettre et le couvre… Tant mieux si Tricotelle a pu réellement rendre service à la maison. Ce matin M. Gambs nous a dit au bureau qu’il était inutile de venir tous les trois le dimanche, qu’un seul suffirait. J’aurai donc dorénavant 2 dimanche sur 3 et je m’en irai dimanche à moins d’événements extraordinaires.
Le travail de bureau me plait et j’ai en somme bien moins de peine que sur les camions. Le matin il suffit d’être présent à 8 h et le soir à 2h.
Je mettrai peut-être un colis à Faure mercredi si j’ai le temps de le préparer. Va toujours voir. Tu me demandes si la viande est arrivée fraiche. Je l’ai vue et elle était bien jolie, bien apparente. Le rôti dont nous avons mangé à midi filet avec entrelard était superbe. On n’a pas encore goûté les côtelettes. De tout cela merci beaucoup.
Ne te préoccupe pas trop de ma santé. Je traine probablement un petit froid et avec ça j’aurais besoin de me purger. J’ai des aigreurs, etc. Ça passera bien.
Le temps me dure bien des enfants. Tricotelle m’a dit que le petit ne perdait pas un coup d’œil pendant ses réparations. Je le crois sans peine, il me semble le voir. Samedi tu ne mettras rien pour les cousines et pour M. Cleyet, à 15 jours.
J’ai voyagé hier matin et soir deux fois avec M. Gambs. Il est très bon pour moi et j’ai beaucoup d’estime pour lui. C’est un homme calme, très posé et très juste. On commene à l’aimer beaucoup, au garage.
Je vais te laisser, il est 6 heures.
Je vais aller souper chez les cousines. Bien des choses affectueuses pour tous à la maison. Je t’embrasse bien fort ainsi que tous à la maison.
Lucien
Lettre du lundi 4 mars 1918


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