Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 16 avril 1918
Sertier Lucien
Lyon, lundi 6 mai 1918

Bien chère Alice,

Il pleut, il pleut !
J’ai eu bon nez de revenir hier au soir. Je sui arrivé chez les cousines une heure et demie après t’avoir quittée soit à 8 h ½. Et encore je suis resté un quart d’heure en Portes. Je te dirai tout de suite qu’ils avaient reçu des nouvelles d’Emile le jour même. Il était à Cassel (Nord). Les cousines ont été très contentes du petit bouquet de muguet. Je l’avais emporté en assez bon état. La petite couchera chez cousine Hérard pendant ton séjour à Lyon. Dis-le bien à la petite, qu’elle fasse pas la scène à Lyon à ce sujet.
J’ai oublié de demander aux cousines ce qu’il fallait pour samedi prochain. Mets comme la dernière fois, tu trouveras cela sur mes lettres de la semaine dernière.
Ma permission ne m’a pas fatigué cette fois. Je pense que la mémé aura été contente de ma journée et cela suffit pour me la rendre agréable à moi aussi (la journée !). Je suis arrivé à Lyon bien avant le tram. Je voyais à Mions et à Saint-Priest les gens qui l’attendaient et j’étais heureux de pouvoir filer.
En venant mercredi, apporte mes molletières noires que tu as lavées.
Rien de nouveau à te raconter. Les cousines avaient bien reçu le panier de samedi. Elles avaient mis hier ton gros bouquet sur leur table et m’ont dit de te remercier.
A bientôt le plaisir de t’embrasser ainsi que les enfants. Meilleures affections à tous.

Comme je l’ai déjà dit, tu ne m’attendras pas pour diner mercredi, mais j’irai aussitôt la soupe mangée.
Lucien
Lettre du vendredi 10 mai 1918


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