Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 12 août 1918
INDEFINI, mardi 13 août 1918
Orléans
Mardi midi 13 août 1918
Je n’ai rien eu de toi depuis samedi.
La poste marche vraiment mal. J’aurai peut-être quelque chose au courrier de ce soir.
Notre cours a donc commencé hier soir. Une leçon de mathématiques après un petit discours du lieutenant. Ce matin nous avons eu deux heures d’exercice sur les quais puis leçon de technique automobile. Ce soir dessin et technique. Jusqu’à présent ce sont des choses que je connais, ce qui me permettra peut-être de suivre. On prend à mesure le cours par écrit sur des cahiers spéciaux à chaque cours. Tu demanderas au papa s’il peut me prêter sa planche à dessin et une équerre à T. Tu pourrais y mettre dans les deux couvertures quand je te le dirai. Nos professeurs sont assez clairs, mais leurs cours sont longs. Le programme doit être épuisé dans un mois. Il y aura alors un examen de sortie. Ce sera la première pierre d’achoppement.
J’ai dû acheter un stylographe, c’est avec cela que je t’écris. On ne peut pas se servir d’un porte-plume, la table étant en oblique puis il faut écrire très vite pour suivre. Nous aurons exercices tous les matins puis ateliers mathématiques, dessin, technique, administration (nous l’avons eu ce hier).
J’espère que tout va bien à la maison. Bien des amitiés à tous. Je t’embrasse bien fort, ainsi que les enfants.

Lucien
Lettre du mercredi 14 août 1918


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