Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mardi 27 août 1918
INDEFINI, mercredi 28 août 1918
Mercredi midi 28 août 1918

Bien chère Alice,

Je viens de recevoir tes lettres 13 et 14 ainsi que celle de ma petite Marcelle. Merci beaucoup à tous. Je te dirai dès que j’aurai reçu le paquet. Merci beaucoup en attendant du dérangement pour le porter à la gare. C’est tout un travail, à Valencin. Ce matin nous avons tous commandé successivement à la manœuvre à pied. Ça nous avait tous lassés. Deux heures de marche avec l’esprit tendu continuellement pour bien saisir les commandements. C’est dur. Bonneton pourtant grand et fort n’en pouvait plus. Les cours continuent toujours aussi activement et naturellement ça devient difficile, logique.
Rien de bien nouveau à te raconter, comme tu vois. J’ai fait lundi matin une petite lessive de mouchoirs, chaussettes et (…) Je t’enverrai le reste un de ces jours. Le temps dure bien à mon Titi, à moi aussi, mais pourtant c’est si loin et couteux, que ça me fait hésiter à m’en aller. Deux nuits en chemin de fer pour une à Valencin, c’est bien pénible.
J’apprends avec regret la mort de ce pauvre Gardon. C’était un homme sérieux, avec Emmanuel, c’est une perte très regrettable. As-tu su l’opinion des cousines D. au sujet de mon départ, tu ne m’en as pas parlé.
La mémé a du aller à Saint Jean. J’espère qu’elle en aura eu un meilleur résultat que pour les précédents voyages. Tu me diras.
Toutes mes salutations bien sincères à tous. Je t’embrasse bien fort ainsi que les enfants. Merci à ma petite Marcelle pour sa lettre.
Lucien
Lettre du vendredi 30 août 1918


Nous contacter