Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 28 août 1918
INDEFINI, vendredi 30 août 1918
Vendredi midi 30 août 1918


Bien chère Alice,

N’ayant rien eu hier, j’attendais de tes nouvelles aujourd’hui. J’ai eu le plaisir de recevoir tes lettres 15 et 16. Merci beaucoup. Ce matin nous avons eu manœuvre à pied j’usqu’à 8h. puis nous sommes tous allés à la photographie. On nous pend au cou une ardoise où sont inscrits nos noms et qualités diverses puis on nous photographie de profil. C’est pour faire des pièces d’identité, paraît-il.
Bonneton part cet après midi pour Lyon. Cela m’aurait bien fait plaisir de l’accompagner. Je l’aurais pu aussi, mais revenir sitôt, ce n’est pas la peine. Il prendra mon paquet à la barrière de chemin de fer.
J’ai perdu ici un bon ami nommé Jean Renouard. C’était un écrivain de Paris. Il était à côté de moi et avait un caractère charmant. Il n’a pas voulu continuer les EOR et est reparti dans sa section à Paris. Il m’a laissé une de ses poésies que je t’envoie. Je le regrette.
Rien de nouveau. Demain soir repos, je t’écrirai plus longuement alors. Je suis heureux que la mémé puisse manger un peu ça la réconfortera.
Le rhume des enfants ne sera rien, j’espère. C’est un peu général ici aussi.
Au revoir bien chère Alice, toutes mes amitiés à tes chers parents et sœurs. Je t’embrasse bien fort ainsi que nos chers petits
Lucien
Lettre du samedi 31 août 1918


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