Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 31 août 1918
INDEFINI, samedi 31 août 1918
Orléans


Samedi soir 31 août 1918

Bien chère Alice,

Rien reçu aujourd’hui, ce sera pour demain sûrement. Rien de bien saillant à te raconter, c’est toujours un peu la même chose et les aventures sont moins nombreuses ici qu’au front. Le temps s’est refroidi et la pluie menace. C’est le vent d’ouest, venant de l’océan qui fait pleuvoir ici. Il y en a bien besoin, tout est brûlé dans la campagne et la Loire est à peu près à sec.
Je n’ai encore rien reçu pour le paquet, il viendra bien un jour.
Bonneton est parti hier soir, il a dû arriver ce matin à Lyon et il en repartira demain soir. C’est court pour un si long voyage. Tu me diras dans ta prochaine lettre ce que vous faites maintenant. A-t-on pu semer les choux à la Grand Borne et le blé noir, que devient-il ? A-t-on semé des raves ? Est-ce toujours bien sec ?
Combien Carra a-t-il pu emmener de colis à Lyon en tout ?
Je vais leur écrire ce soir ou demain.
Tu me diras aussi si le nouveau régime de la mémé lui fait du bien. Je le souhaite de tout mon cœur.
Au revoir, bien chère Alice, fais part de toutes mes affections à tes chers parents et sœurs et reçois mes meilleurs baisers pour toi et les enfants.
Lucien
Lettre du dimanche 1er septembre 1918


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