Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du jeudi 5 septembre 1918
INDEFINI, vendredi 6 septembre 1918
Orléans
Vendredi midi 6 septembre 1918

Bien chère Alice,

Reçu tes lettres 21 et 22 avec un grand plaisir. Rien de nouveau. J’ai pris hier au soir des comprimés de quinine que m’avait fait donner le major. J’ai failli en cre.. cette nuit. Ce matin je ne suis pas allé aux classes à pied mais je ne me suis pas fait porter malade. Il finirait par m’empoisonner en plein. J’ai pu relever pendant la manœuvre mes cours manquants d’hier et aujourd’hui j’étais à jour. Très curieux les cours, parfois c’est une difficulté inouïe puis comme ce matin c’était enfantin : la mesure des surfaces carrées etc. Il arrive toujours des nouveaux aux EOR. Il fait un temps très chaud aujourd’hui vendredi. Pas de vent. Ça doit être la cause du grand vent dont tu me parles et qui soufflait mercredi à Valencin. Je suis très ennuyé que la mémé n’aille pas mieux. Il faudrait voir un spécialiste à Lyon. Tu as bien fait d’écrire pour cela à Villeurbanne. Si la cousine connaît un bon médecin, il faut y aller sans tarder. Et toi, retourne à Saint Jean quand ce sera le moment.
Meilleures amitiés à tous
Bons baisers pour les enfants et toi
Lucien
Lettre du dimanche 8 septembre 1918


Nous contacter