Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du dimanche 8 septembre 1918
Lyon, lundi 9 septembre 1918
Orléans
Lundi soir 6h 9 septembre 1918

Bien chère Alice,
Je viens de recevoir ta lettre 23 (tu as numéroté deux lettres 22). Merci bien. Je t’écris peu ce soir, je veux aller à la gare te porter un paquet de linge sale. Ce sera le dernier car j’ai envie de faire mes lavages moi même. J’ai lavé samedi mes pantalons de coton et tout mon petit linge, ça peut aller. Cette semaine ça a l’air d’aller mieux. Je n’ai plus mal à la tête et j’ai repris goût au travail, mais la semaine dernière je n’étais pas fameux. Coliques, maux de tête, j’étais déprimé en plein. Malgré cela j’ai fait une grande composition de mathématiques pour laquelle j’ai eu 8 points sur 10.
Quand tu auras l’occasion sans gêner personne, envoie-moi un paquet, tu y mettras des caleçons (1 ou 2) et des fromages. Tu sais que ça met 11 ou 12 jours pour arriver ! Merci d’avance.
Je serais bien envieux d’aller faire un tour à Valencin mais la longueur du trajet pour si peu de temps me fait reculer.
C’est tellement loin et si pénible. J’espère avoir un petit résultat d’ici à la Toussaint ? J’ai envie d’attendre ce moment (encore six semaines) qu’en dis-tu ?
Rien de nouveau ici. Il a plu un peu hier et aujourd’hui un petit arrosage. J’ai écrit hier en Portes aux cousines D. et à toi. Je pense bien souvent à mon Titi mais patience, la fin de la guerre est proche. Certains indices venus jusqu’ici semblent indiquer beaucoup de choses (officiers rappelés au front d’urgence)
Et notre mémé ? Continue-t-elle les remèdes de Saint Jean ? Je t’embrasse bien fort ainsi que tous à la maison.

Lucien
Lettre du mardi 10 septembre 1918


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