Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du lundi 9 septembre 1918
INDEFINI, mardi 10 septembre 1918
Orléans

Mardi soir 10 septembre 1918

Bien chère Alice,

Je viens de recevoir ta lettre 24. Je vois que la mémé a un nouveau régime et que ce sera peut-être moins grave si le mal est à la vessie au lieu du rein. J’espère qu’il y aura bientôt un mieux pour elle. Ce mal a sans doute été dû à l’état de crise ces temps et il va probablement, sous l’influence du traitement, diminuer et disparaitre ensuite. Je le souhaite vivement.
Il pleut, mais il pleut ! N’oublie pas au prochain paquet de joindre mon imperméable (tu le raccommoderas). L’étoffe est mauvaise, double-le sous les boutons et sous les reprises que tu feras. Je t’ai envoyé hier un petit paquet : 3 chemises, un caleçon, 2 ou 3 chaussettes. Poids total 2kg. On peut l’apporter en vélo. Il est dans ma musette que tu raccommodera solidement avant de me la renvoyer.
Je viens de porter ma bouteille de fortifiant à la pharmacie pour la faire remplir. Je ne vais pas mal mais la nuit je suis toujours très agitée ou je ne dors pas. Je pense m’en aller en permission pour la Toussaint et j’aimerais bien d’ici lors avoir un résultat. Aussi je bûche un peu pour cela. Mais pas de châteaux en Espagne ! Cette nuit je rêvais à mon Titi. J’en étais tout triste, ce matin.
Allons, au revoir bien chère Alice, ne t’ennuie pas, il y a plus malheureux que nous. Bien des amitiés à tous. Je t’embrasse bien fort ainsi que les enfants.
Lucien
Lettre du jeudi 12 septembre 1918


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