Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du samedi 14 septembre 1918
INDEFINI, dimanche 15 septembre 1918
Orléans

Dimanche 2h 15 septembre 1918

Bien chère Alice,

Rien eu de toi aujourd’hui, ce sera sans doute pour demain. Je viens d’écrire 4 pages à M. Bouveyron et je lui ai donné des nouvelles de tous, telles que tu me les donnes.
Il fait très beau et ça durera peut-être. Ce serait à souhaiter pour favoriser notre offensive dans l’est. Hier soir avec Bonneton, nous avons attendu jusqu’à 9 heures l’arrivée du train de Paris qui apporte les journaux du soir. Il y avait une foule énorme et les journaux s’arrachaient. Pourtant tous les articles y étaient presque censurés, car on ne veut pas que Paris annonce les nouvelles avant Washington.
Ça marche très très bien et cela autorise les plus grands espoirs. Le vautour boche va laisser des plumes !
Il y avait ici à Orléans une division américaine. Elle est partie pour le front deux jours avant l’offensive.
Je ne vais pas mal pour le moment. Dès que je prends de ce vin, je me sens plus fort. A propos des 10 frs d’Emile, j’ai bien réfléchi. Tu les feras passer en Portes par exemple le vendredi à Marius. A moi ça m’évitera de courir à la poste, en outre, si ce mandat se perdait, comme celui de Tricotelle, comment ferais-je pour le réclamer quand j’aurais quitté Orléans ? Enfin suprême raison, ça me permettra de te « refaire » dix francs de plus !!!
As-tu revu Choub ? Quand tu recevras cette lettre, tu auras déjà fait ton voyage à Lyon. As-tu pensé à mon vélo chez Boiron ?
Mes amitiés bien sincères à tous à la maison. Bons baisers pour toi et les enfants.

Lucien
Lettre du lundi 16 septembre 1918


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