Chère Alice,

Le temps est beau...

Tout près d'ici, la bataille fait rage.

Lucien Sertier
Lettre du mercredi 25 septembre 1918
INDEFINI, vendredi 27 septembre 1918
Orléans

Vendredi midi 27 septembre 1918

Bien chère Alice,

J’ai reçu hier soir ta lettre 39 et ce matin le n°38. Ça se suit bien ! Merci de tes bonnes lettres. Je suis seul. Bonneton est parti ce matin en permission de 48h jusqu’à lundi. Il arrivera lundi midi et ils ont leur examen le soir même. C’est une drôle d’idée d’aller s’éreinter la veille d’un examen. C’est son affaire.
Ce matin nous avons eu voiture. Il pleuvait en commençant. Le temps est toujours dérangé. Il pleut à verse pendant cinq minutes, puis le soleil paraît. Les nuages viennent de l’ouest et passent si bas qu’ils cachent le sommet de la cathédrale.
Le cours (le 3ème) qui me précède finit de passer ses examens cet après midi. Nous les remplacerons dans ce cours lundi matin et dans quinze jours ce sera notre tour. Il faudra que tu réfléchisses à ceci, tu m’enverras ton avis et celui du papa et de la mémé. On va me demander si je veux continuer pour être élève officier c’est à dire passer au 4ème cours. Ce serait un nouveau stage de 4 mois à Orléans. Cette demande me sera faite le matin de l’examen avant que je sache si je réussirai ou non. Que faudra-t-il dire. Moi je suis sur la balance. J’hésite. Vos avis influeront sur ma décision. Rien ne presse pour me répondre à ce sujet.
J’ai écrit une petite lettre hier à mon oncle Jean au sujet de leur fils ainé. Ma sœur m’avait donné les détails. J’ai reçu hier aussi une lettre de Duchamp que tu connais. Il est à Versailles pour partir au front. On a relevé tous les engagés volontaires de jeunes classes. Bonneton qui va à Lyon m’apportera de plus amples renseignements. Nicot, Chamavat etc. doivent être partis aussi.
Je vais toujours bien. Je fais comme Titi une cure de raisins mais ils sont si chers (1fr à 1fr 20 la livre) que je prends la cure à petites doses !
Dis bien au papa qu’il ne reste pas ainsi mal en point, ça lui jouera des tours. C’est si vite fait une visite au médecin. Ou bien alors retournez à Lyon puisque ça réussit bien pour la mémé. Je suis bien heureux d’apprendre qu’elle va mieux.
De gros mimis aux enfants. Je t’embrasse bien fort ainsi que tes chers parents et sœurs.
Lucien
Lucien
Lettre du vendredi 27 septembre 1918


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